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Proposition de Younes Diouri Architectes et BOM pour le concours de la nouvelle Gare routière de Marrakech

Le principe de développement du projet de la nouvelle gare routière de Marrakech s’établit sur une base pragmatique et rationnelle. Il commence par questionner la gare actuelle et ses échecs de fonctionnement: sur-densité de trafic, orientation peu claire entre les différentes entités bâties, interruptions incessante des flux de voyageurs (bus, taxis, piétions, motos), danger de circulation, absence d’espaces verts, pollution de l’air et des sols, obsolescence avancée des infrastructures de transport.

Lieu Marrakech, Maroc Architectes Younes Diouri + Timothée Boitouzet (YDA), Khalid Ait El Madani + Chamss Doha Oulkadi + Ghazal Banan (BOM architecture) Maitre d’ouvrage Commune urbaine de Marrakech Année 2014 Concours annulé

Afin de créer un équipement pérenne qui survivra aux années et aux évolutions futures de la ville, le projet de la nouvelle gare routière se propose de répondre à chacune de ces problématiques individuellement par: la division absolue des flux de transport, la continuité spatiale et interdépendance entre chaque entité construites, la réduction de l’échelle des bâtiments pour un complexe à l’échelle humaine, ainsi que la constitution d’un environnement paysager et écologique.

L’échelle du site et sa géométrie constitue la contrainte première du projet. Les soixantes hectares à occuper de cette parcelle en longueur porte naturellement à considérer un volume alongé. Cette disposition est de plus renforcée par l’orientation Nord-Sud à éviter pour le confort thermique et lumineux, ainsi que l’axe Est-Ouest à maximiser pour profiter des vents dominants et rafraichir le complexe en saison chaude. Une division claire entre volume de la gare et réseaux de plateformes des bus s’opère donc selon ces principes d’orientation identifiés. La barre construite s’élève dos au souk, densifiant de manière rationnelle le site. Elle s’ouvre sur l’artère principale du quartier lui faisant face et bénéficie d’une bonne visibilité depuis celle-ci, invitant bus et usager à entrer sur le site. Cette barre se révèle cependant rapidement hors d’échelle vis-a-vis de l’usager et institue une dichotomie trop criante entre plein et vide, gare et parking. Ce rapport binaire n’étant pas en mesure de vitaliser la totalité du site, le volume est découpe en trois volumes distincts, réduisant l’impact visuel du bâti pour bénéficier d’un rapport plus a l’échelle humaine au site.

La division volumétrique du complexe est une étape majeure du processus de formalisation de la gare. Elle permet de créer trois terminaux (T1, T2, T3) en phase avec les trois destinations de départ: destination Nord (Casablanca, Rabat, Tanger, Fez, Meknes), destination Sud (Taroudant, Ouarzazate, Zagora), et destination Ouest (Chichaoua, Agadir). Disposés en quinconce, chaque terminal fait face à ses plateformes de départ dans un rapport clair et frontal. La disposition de ces volumes permet d’occuper la totalité de la parcelle ainsi que d’y apporter partout de la vie et de l’activité, constituant en d’autres termes une “activation programmatique” du site. Afin de compléter l’occupation de ce complexe, les terminaux sont connectés par le biais d’une “ceinture verte” telle une clairière continue, maximisant le rapport au paysage et facilitant l’orientation.

Les différents flux de transport s’enroulent autour de ces trois terminaux de manière fluide et ininterrompue en toute indépendance. Les croisements entre ces flux étant quasiment inexistants permet d’assurer la sécurité des passagers, une aisance de logistique entre l’arrivée et le départ des bus, ainsi qu’une autonomie de chaque terminal. Les taxis quant à eux disposent de plusieurs déposes-minute au pied de chaque bâtiment. Les flux piétons s’organisent à travers la ceinture verte, véritable infrastructure paysagère du complexe. Elle permet de connecter le terminal avec ses plateformes de départ ainsi que de connecter les trois terminaux entre eux. Chaque portion de la ceinture verte dispose d’une esplanade ou les bus déposent leurs passagers à leur arrivée. Espace minéral, elles constituent une zone tampon permettant de hiérarchiser la transition entre le bâtiment et ses plateformes de bus. Les piétons peuvent se déplacer en toute sécurité sur la totalité du site, et profiter de ses multiples jardins et commerces.

Le principe de construction géométrique fondée sur une division claire des flux a permis de limiter au maximum les altercations et croisements, visible dans la superposition ci-dessus. Cette indépendance entre circulations a permis de travailler la topographie de la ceinture verte, dynamisant les perspectives et les ambiances à l’échelle du piéton, tout en mettant en valeur chaque terminal, surélevé d’1m50.

Différents calibres de voiries piétonnes sont enfin créées dans la ceinture verte, permettant une efficacité absolue de circulation ou des détours à travers les jardins du complexe selon les désirs de l’usager. Chaque jardin dispose de mobilier urbain ainsi que de plantes spécifiques aux terminaux et à leur destination d’arrivée (flore propre au Sud, Nord ou Ouest du pays), faisant de la gare routière de Marrakech le lien symbolique entre toutes les régions du Maroc.

Le Maroc a une grande tradition dans la construction en béton brut. Le béton possède évidemment une excellente tenue dans le temps à tout épreuve y compris dans le climat agressif de Marrakech. La teinte rouge pour ne pas déroger à la couleur typique de la ville avec un visuel à la fois intemporel et contemporain

La nappe végétal est omniprésente dans le projet de cette gare routière afin d’absorber la pollution engendrée par le ballet continue des véhicules. Afin de préserver cette continuité verte nous avons opter pour des pavés végétalisés aux croisements des voirie en asphalte et la nappe végétale.

La structure du bâtiment repose sur un système de poteaux et poutre en béton précontraint afin de faciliter la mise en œuvre et de permettre de grandes portées. La hauteur sous plafond est utilisée pour intégrer l’ensemble des équipements techniques et fluide. La toiture en béton est étanchée. La pente en toiture permet à la fois une bonne évacuation des eaux pluviales et se protéger des vents dominants grâce à une orientation judicieuse.

Sources : www.yd-a.com
www.bom-architecture.com