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Tribunal de Première Instance et de la Famille de Tanger par Younes Diouri Architecte

Encore un manqué. Très loin dans le classement à priori au concours organisé par le ministère de l’équipement. Mais toutefois publié sur aMush en consolation et pour votre appréciation chers lecteurs. Voici donc la proposition au concours pour le Tribunal de Première Instance et de la Famille de Tanger par Younes Diouri architecte.

La réalisation de ce Tribunal à Tanger est certainement l’occasion de participer activement à une condition de renouvellement urbain de la zone de Mghogha. Avec un tel équipement directement lié à la route nationale N2, il sera possible d’assoir un nouveau pôle d’attractivité en s’ajoutant ainsi à différentes infrastructures remarquables qui ponctuent cet axe.

Lieu Tanger, Maroc Programme Tribunal de première instance et de la Famille Architecte Younes Diouri Architectes Associés Atelier Dupont Equipe Younes Diouri, Anne-Cécile Comar, Zarko Uzelac Superficie 14 730 m2 Année 2015 Concours Non Lauréat

L’organisation du futur Tribunal fait preuve d’un système de cheminement simplifié pour le public ainsi que pour les utilisateurs, tendant vers une lisibilité des espaces. On distingue aisément deux volumes intégrant d’une part, pour le plus grand, le Tribunal de première instance et d’autre part pour le plus petit, le Tribunal de la Famille. Ces 2 entités ont un fonctionnement mimétique. Un accès frontal et un atrium central qui distribue les différentes salles d’audience. La volumétrie compacte du bâtiment permet de dégager un maximum d’espaces verts au sol, participant au devenir écologique de Tanger. Des sentiers arborés profitent de la topographie et s’organisent autour du volume construit. En observant un recul de plus de 50 m par rapport à la voie, le volume du TPI, surélevé de 1m50, est accessible à travers des emmarchements et un jardin/parvis de palmiers Washingtoniens. Ce dispositif permet une mise à distance qui met en valeur le bâtiment et lui octroie un caractère monumental propre aux institutions. Afin de permettre un accès plus aisé des usagers, les parkings sont reliés à la rue secondaire (rue Chahid Fatmi Ben Miloud), moins fréquentée. Le parking donnant accès aux geôles est isolé en fond de parcelle de façon indépendante. Les parkings des administrés des deux tribunaux quant à eux sont mutualisés en Rez-de-jardin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le volume du TFI a pour base au sol un carré parfait de 70m par 70m. Il intègre le programme de façon synthétique et compact avec un réel souci d’optimisation des flux. La systématisation des fonctions du programme fait tendre vers rationalisation accrue. Cette radicalité du plan est accentuée par une symétrie à 2 axes. Le parti architectural se veut à la fois contemporain et intemporel. Il s’inspire de systèmes constructifs simples et efficaces où innovation technologique et prise de conscience écologique sont primordiales. Ainsi une brise soleil en pierre dans une trame rigoureuse vient habiller un volume compact et optimisé. Dans les espaces intérieurs, des arabesques ton sur ton, en rappel à l’identité marocaine viennent s’ajouter au revêtement des murs et plafond dans une écriture renouvelée des établissements de la justice au Maroc. Deux points de circulation verticale dans les ailes Nord et Sud du bâtiment permettent l’accès aux bureaux sur 2 niveaux. Conçu négativement, comme un vide spatial, nous intégrons le programme en offrant des avantages en termes de lumière, de confort et de fonctionnalité. Un hall des pas perdus central d’une hauteur de 12 m donne accès aux différentes salles d’audiences. C’est un espace convivial, nœud de communication au sein du bâtiment. Il permet d’apporter l’agrément des conditions extérieures (lumière naturelle, végétation) sans leurs désavantages. Ils ménagent l’utilisateur au niveau sensoriel. Température contrôlée, lumière agréable, bruit modéré, effet de vent nul. (Afin de respecter les règlementations incendient en vigueurs, des extracteurs de fumées seront installés au sommet de l’atrium, en plus des exutoires et ventilations latérales en façades). L’architecture se découvre de manière séquentielle. En se dirigeant vers les espaces intérieurs, ils perdent progressivement contact avec l’extérieur.

A la simplicité du plan s’oppose un travail minutieux de définition et écriture de chaque élément, de chaque façade, de chaque espace. L’idée d’affirmer l’intériorité et l’extériorité comme deux situations opposées a conduit nos recherches sur la matérialité vers deux directions distinctes : la définition de l’atrium et celle de la façade extérieure. Les parois du bâtiment sont en pierre de Taza pour le TPI et en Albatre ou Marbre (carrière marocaine) pour le TF. Le parti pris d’avoir une architecture compacte nous a conduits vers l’émergence d’un objet immatériel ; pour arriver à cette fin nous avons combinés des exigences thermiques avec une forte volonté d’urbanité et de monumentalité. Une fois à l’intérieur du volume trois matériaux caractérisent et définissent l’espace : le bois, la pierre au sol et le verre. Conformément aux souhaits du maitre d’ouvrage, des matériaux nobles, monacal, pour un établissement de haute importance. Bois en acajou dans le Hall des pas perdus pour apaiser et trancher avec la lumière soutenue de Tanger. Du frêne clair dans les salles d’audience.

Source : www.yd-a.com