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Imaginé dans la région de Ouarzazate, Touareg City est un projet «conceptuel» navigant entre réalité et utopie. Il se veut expérimental dans sa relecture des formes architecturales et urbaines du sud marocain, mais reste très pragmatique dans l’approche environnementale qu’il propose.

Au-delà d’une simple approche technique de la problématique du développement durable, Tuareg City souhaite remettre au centre du débat environnemental le contenu culturel et civilisationnel des peuples qui sillonnent le Sahara depuis des siècles. Ainsi, bien que bénéficiant de procédés bioclimatiques avancés, Touareg City se veut avant tout le symbole d’une architecture contemporaine porteuse d’un ensemble de concepts et de valeurs propres au contexte du sud marocain.

Le matériau terre, la sobriété de la forme architecturale, l’omniprésence d’une ornementation non superflue, le recours au système des patios, le choix d’une trame basée sur l’idée d’un désordre apparent, la favorisation des liens sociaux dans la communauté, l’articulation de l’ensemble autour d’une cour intérieure végétalisée et irriguée (métaphore de l’oasis) : tous ces éléments font partie intégrante de la culture locale. Pourtant, ils prennent un sens nouveau, celui d’un vocabulaire et d’une pratique culturellement localisés mais constamment retranscrits dans le contexte contemporain, celui du XXIème siècle.

Tuareg City répond de manière conceptuelle à un trou théorique dans ce que l’on pourrait appeler l’urbanisme «subsaharien». En effet, le projet tente de mener une réflexion sur ce que pourrait être une cité saharienne au début du XXIème siècle, un siècle qui sera certainement de plus en plus soucieux des enjeux culturels, écologiques, et économiques posés par l’urbanisme contemporain. Dans cette optique, au-delà de son aspect expérimental, Tuareg City souhaite proposer des réponses concrètes et transposables qui puissent inspirer tout acte de bâtir situé dans le contexte saharien. Ainsi, Touareg City propose un point de départ à un urbanisme alternatif aux extensions « informelles » qui pullulent à la périphérie des villes sahariennes et qui renient tout lien avec les savoirs locaux au profit d’un urbanisme occidentalisant désancré et autiste envers le contexte local.La question éthique et sociale doit se poser aujourd’hui pour toute architecture. Comment renouer les liens entre l’habitant et son milieu de vie ? Comment retrouver une cohérence entre le mode de vie des peuples sahariens et le cadre de vie qui les entoure ? Comment redonner à l’architecture son rôle civilisationnel ? Enfin, comment réadapter les héritages locaux aux exigences contemporaines, notamment environnementales ? Touareg City tente de proposer des réponses concrètes à ces questionnements. En effet, la forme urbaine de la ville, par sa trame viaire irrégulière, par ses espaces de transition entre l’espace public et l’espace privé, et par son patio central symbolisant l’oasis, par la mixité de ses offres fonctionnelles, par une alimentation en eau restée artisanale (puit) souhaite transcrire dans l’espace bâti l’ensemble des valeurs sociales et culturelles qui font la spécificité des kasbah et des médinas depuis plusieurs siècles.

Tuareg City est construite autour d’un système environnemental global qui atteint une complète autonomie en énergie (Eau, Electricité, Ventilation naturelle, Isolation par inertie…) ainsi qu’une gestion optimale des procédés de construction et des matériaux utilisés. L’ensemble des technologies utilisées sont intégrées de manières optimale dans l’architecture de la cité. Ainsi, plus que tel ou tel procédé technique isolé, c’est toute la démarche architecturale et urbaine qui se considère comme environnementale.

Vu la nature des matériaux employés et le mode de construction préconisé, Tuareg City s’inscrit parfaitement dans le marché économique actuel. De plus, le mode de construction quasi « vernaculaire » et la démarche collective et communautaire qui devrait éventuellement entourer un tel projet peuvent prédire un coût relativement faible. Enfin, l’approche environnementale et sociale du projet est à plusieurs égards susceptible d’être assujettie au soutient de l’état ou de certains organismes supranationaux.

Source: http://www.kubik-studio.com